Malgré ses importantes ressources pétrolières, le Gabon a été confronté à une pénurie d’essence et de gasoil qui a perturbé le quotidien des populations. Depuis la fin du mois de septembre 2026, de longues files d’attente se sont formées devant les stations-service, notamment à Libreville. Cette crise met en lumière les fragilités de la chaîne d’approvisionnement du pays, fortement dépendante des capacités de raffinage et des importations de produits pétroliers.
Une raffinerie nationale confrontée à des difficultés
L’une des principales explications de cette crise concerne la Société gabonaise de raffinage (SOGARA), installée à Port-Gentil. Seule raffinerie du pays, elle joue un rôle essentiel dans la transformation du pétrole brut en produits utilisables par les automobilistes et les entreprises.
Cependant, ses capacités de production sont limitées par l’état de ses infrastructures et par des opérations de maintenance ou de réparation. Selon l’analyse publiée par BBC News Afrique, des difficultés touchant notamment les installations de stockage ont contribué à réduire la disponibilité des produits raffinés.
Lorsque la production nationale ne suffit pas à répondre à la demande, le Gabon doit se tourner davantage vers les marchés extérieurs. Cette dépendance devient particulièrement problématique lorsque les cargaisons attendues arrivent en retard.
Des interrogations sur la pénurie de carburant

De nombreux automobilistes ont exprimé leur colère face aux difficultés d’approvisionnement en carburant à Libreville.
Pendant deux semaines, les Gabonais ont été confrontés à une situation inédite ces dernières années. Une pénurie de carburant a touché une grande partie du pays, en particulier Libreville, la capitale.
Des importations perturbées par les difficultés logistiques
Le deuxième facteur concerne l’acheminement du carburant. Le 2 octobre 2026, le ministère gabonais du Pétrole et du Gaz a reconnu des tensions temporaires dans l’approvisionnement de certaines stations-service du Grand Libreville. Il a notamment évoqué la diminution des stocks disponibles chez les distributeurs et annoncé l’arrivée attendue d’une nouvelle cargaison.
Les perturbations des voies maritimes internationales et les retards de livraison ont également compliqué le ravitaillement. Dans un pays qui dépend en partie des importations pour satisfaire ses besoins en produits raffinés, le moindre retard peut rapidement se répercuter sur les stations-service.
Le problème ne réside donc pas uniquement dans la quantité de pétrole extraite du sous-sol, mais aussi dans la capacité à transformer, transporter, stocker et distribuer les produits nécessaires à la consommation nationale.
Des conséquences sur la vie quotidienne
La pénurie a provoqué de longues files d’attente devant les stations-service de Libreville et de plusieurs autres localités. Certains automobilistes ont eu des difficultés à se ravitailler, tandis que les limitations de distribution ont compliqué les déplacements et certaines activités économiques.
Pour les transporteurs, les commerçants et les entreprises qui dépendent du carburant, les difficultés d’approvisionnement peuvent entraîner des retards, une hausse des coûts de fonctionnement et une baisse de productivité.
La crise a également soulevé des interrogations sur la gestion des stocks stratégiques et sur la capacité du dispositif national à absorber les imprévus.
Quelles mesures pour rétablir l’approvisionnement ?
Face à la situation, les autorités ont annoncé plusieurs mesures. Le 8 octobre, le ministère du Pétrole et du Gaz a ordonné aux stations-service du Grand Libreville de fonctionner 24 heures sur 24 jusqu’au retour à la normale. L’objectif est de faciliter l’accès au carburant, de réduire les files d’attente et d’améliorer la distribution.
Une cargaison d’essence de 8 000 tonnes a également été signalée au port d’Owendo le même jour, selon la presse gabonaise. Cette livraison devait contribuer au réapprovisionnement du marché, même si la faiblesse des réserves disponibles souligne la nécessité de renforcer les capacités de stockage.
À plus long terme, le gouvernement a évoqué la modernisation de la raffinerie de Port-Gentil et le renforcement des stocks stratégiques. Ces mesures pourraient contribuer à réduire la vulnérabilité du pays face aux retards d’importation et aux perturbations internationales.
Le paradoxe d’un pays pétrolier
Cette crise illustre une difficulté rencontrée par plusieurs pays producteurs de pétrole : l’abondance de la ressource brute ne garantit pas l’autonomie en produits raffinés.
Le Gabon peut exporter du pétrole tout en important une partie du carburant consommé sur son territoire. Pour réduire cette dépendance, il doit disposer d’infrastructures de raffinage suffisamment performantes, de stocks de sécurité adaptés et d’un système de distribution capable de faire face aux imprévus.
Conclusion : au-delà de la production, le défi de la sécurité énergétique
La pénurie de carburant au Gabon révèle les limites d’un modèle dans lequel la production pétrolière ne suffit pas à garantir un approvisionnement régulier de la population.
La modernisation de la SOGARA, l’amélioration de la logistique, le renforcement des réserves et une meilleure coordination entre les différents acteurs de la filière constituent des enjeux majeurs.
Le véritable défi du Gabon n’est donc pas seulement de produire du pétrole, mais de garantir que l’essence et le gasoil soient disponibles, en quantité suffisante et au bon moment, pour les ménages et l’économie nationale.
