La gravité des incidents a conduit le préfet de Guédiawaye, Amadou Coumba Ndiaye, à suspendre toutes les compétitions du Championnat national populaire (Cnp) dans le département.
Les violences survenues en marge des demi-finales de la Zone 1 de l’Odcav de Guédiawaye ont viré au drame. Dans la nuit du mardi, après le match opposant Fith Mith à Golf Sud, des jeunes venus d’un quartier voisin auraient envahi Fith Mith à coups de projectiles, faisant plusieurs blessés graves et d’importants dégâts matériels, selon le président du Conseil de quartier, Birama Seck. Au cours de l’intervention des forces de l’ordre, un médecin interne de l’hôpital Dalal Jamm aurait été atteint par balle à son domicile, selon l’Aiaihs. Face à cette escalade, le préfet a suspendu les Navétanes jusqu’à nouvel ordre, tandis que les internes en médecine décrètent 48 heures de journées noires.
Le préfet suspend les Navétanes, les internes décrètent 48 heures de journées noires
La gravité des incidents a conduit le préfet de Guédiawaye, Amadou Coumba Ndiaye, à suspendre toutes les compétitions du Championnat national populaire (Cnp) dans le département. Dans un arrêté signé le 21 octobre 2026, l’autorité administrative ordonne l’arrêt des rencontres jusqu’à nouvel ordre. La décision est motivée par la récurrence des violences et des agressions, les destructions de biens publics et privés, ainsi que les menaces pesant sur l’ordre public. Elle s’appuie notamment sur le rapport n° 01665/CCG/SP du 21 octobre 2026 du commissariat central de Guédiawaye.
Par ailleurs, la blessure du chef du service de Radiologie a provoqué une vive émotion dans le milieu médical. Dans un communiqué publié hier mercredi 21 octobre, l’Association des internes et anciens internes des hôpitaux du Sénégal (Aiaihs) a exprimé sa solidarité avec son collègue et sa famille. L’association exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances du tir et que les responsabilités soient établies. Elle réclame également des mesures concrètes pour garantir la sécurité des personnels de santé et des populations. En signe de protestation, l’Aiaihs décrète 48 heures de journées noires, les jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2026. Un point de presse est prévu ce vendredi à 10 heures devant l’hôpital Dalal Jamm.
« J’ai entendu des bruits, je me suis levé pour fermer la fenêtre » : le témoignage du médecin interne blessé par balle
Depuis son lit d’hôpital à Dalal Jamm, le jeune médecin interne S.F. Seck, âgé de 27 ans, a livré aux enquêteurs le récit glaçant de la fraction de seconde où sa vie a basculé. Blessé par balle au niveau de l’abdomen, du côté gauche, le praticien d’origine kaolackoise, domicilié au quartier Fith Mith, a tenu à apporter des précisions capitales qui réorientent totalement les investigations de la police. Son témoignage, recueilli directement dans sa chambre d’hospitalisation par le procureur de la République de Pikine-Guédiawaye, le préfet et le commissaire central, lève le voile sur les circonstances exactes de ce drame qui secoue le corps médical de l’hôpital Dalal Jamm.
Selon ses propres déclarations, le jeune médecin se trouvait tranquillement dans son appartement, situé au deuxième étage, lorsqu’il a été intrigué par des bruits suspects provenant de l’extérieur. C’est en se levant précipitamment, par simple réflexe de sécurité, pour fermer les fenêtres de sa cuisine qu’il a été soudainement fauché par le projectile. « J’ai été atteint à ce moment précis », a-t-il soufflé aux autorités, encore sous le choc.
Fait majeur qui écarte, pour l’heure, l’idée d’un affrontement de rue direct : S.F. Seck a formellement assuré qu’il n’avait ressenti aucune émanation de fumée ni de gaz lacrymogène au moment de l’impact. Poursuivant sa déposition, l’interne a fourni un détail topographique crucial pour l’enquête balistique : la fenêtre depuis laquelle il a été ciblé ne s’ouvre pas sur la grande voie publique goudronnée, mais donne plutôt sur un patio intérieur donnant sur une ruelle secondaire, séparée de son immeuble par une maison mitoyenne. Pour appuyer ses dires, le blessé a montré au procureur son sous-vêtement blanc, maculé de sang et transpercé d’un orifice net
Le projectile, toujours logé dans son abdomen, attend d’être extrait par le médecin de garde pour livrer tous ses secrets. Fort de ce témoignage oculaire de premier plan, le chef du parquet a immédiatement fait « geler » le domicile par la Police technique et scientifique (Dpts) afin de cartographier la ligne de mire du tireur.
