Malian soldiers patrol the roads during the visit of the Malian Prime Minister in Menaka, Mali on May 9, 2018. / AFP PHOTO / Sebastien RIEUSSEC
Ménaka, 20 octobre 2026 — Le nord-est du Mali est de nouveau endeuillé par des attaques meurtrières. Le dimanche 18 octobre, des hommes armés ont pris pour cible plusieurs campements de la région de Ménaka, faisant plus de 40 morts parmi les civils, selon des sources sécuritaires et locales citées par l’Agence France-Presse (AFP). Certaines estimations font état d’au moins 48 victimes, voire de plus de 50 morts. Le bilan définitif n’était pas encore établi mardi.
Des hommes armés à moto attaquent plusieurs campements
Selon les informations recueillies par l’AFP, les assaillants sont arrivés à moto et ont attaqué plusieurs campements situés à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Ménaka, notamment dans les secteurs de Tinabow et de Tagadayat.
Les sites visés abritaient majoritairement des membres de la communauté Daoussahak, également connue sous le nom d’Idaksahak. Des témoins cités par l’AFP ont décrit des hommes armés ouvrant le feu sur les habitants et incendiant des habitations.
Un élu local a évoqué plus de 50 morts, dont des femmes et des personnes âgées. De son côté, le bureau exécutif de la communauté Idaksahak a annoncé qu’au moins 48 civils avaient été tués à Tagadayat le 18 octobre. Ces chiffres restent à consolider en raison des difficultés d’accès à certaines zones touchées.
L’État islamique au Sahel mis en cause
Le bureau exécutif de la communauté Idaksahak a attribué les attaques au groupe État islamique au Sahel, actif dans cette partie du territoire malien. À ce stade, cette attribution repose notamment sur les déclarations de l’organisation communautaire et les informations rapportées par les sources locales.
Reuters rapporte que des sources sécuritaires et des responsables locaux soupçonnent des combattants affiliés à l’État islamique au Sahel d’avoir mené les attaques. Le groupe n’avait toutefois pas revendiqué les faits dans les informations publiées par l’agence au moment de son compte rendu. Il convient donc de distinguer les accusations rapportées de la confirmation indépendante de l’identité de tous les assaillants.
Des représailles évoquées après des opérations militaires
Les circonstances de cette tuerie s’inscrivent dans un contexte de fortes tensions entre groupes armés dans la région.
Une source sécuritaire basée à Gao, citée par l’AFP, a présenté les attaques comme des représailles à des opérations militaires menées récemment dans la zone et à des attaques attribuées au Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), un groupe armé proche des autorités maliennes.
Reuters a également rapporté des accusations selon lesquelles des membres du MSA et des éléments russes de l’Africa Corps auraient commis des abus contre des civils soupçonnés de renseigner l’État islamique. Selon les sources citées par l’agence, ces événements pourraient avoir contribué aux représailles. Ces accusations n’ont cependant pas été établies par une enquête indépendante dans les informations disponibles, et les autorités maliennes n’avaient pas répondu aux demandes de commentaires rapportées par Reuters.
Par ailleurs, l’armée malienne a annoncé avoir frappé, le samedi 17 octobre, une base qu’elle présentait comme abritant des combattants et du matériel de guerre, à environ 65 kilomètres au sud-ouest de Ménaka. Le communiqué militaire ne permet pas, à lui seul, d’établir un lien direct entre cette opération et les attaques contre les civils du lendemain.
Des habitants contraints de fuir
Les attaques ont provoqué de nouveaux déplacements de population. Selon les sources locales citées par l’AFP, des habitants ont fui les campements visés pour rejoindre la ville de Ménaka, où des personnes continuaient d’arriver le lundi suivant les violences.
Le bureau exécutif de la communauté Idaksahak a lancé un appel à une aide humanitaire d’urgence pour les familles déplacées. Au-delà du bilan humain, les incendies d’habitations et les pertes de biens et de bétail aggravent la vulnérabilité de populations déjà confrontées à l’insécurité et à des difficultés d’accès aux services essentiels.
Ménaka, une région confrontée à une insécurité persistante
Depuis 2012, le Mali fait face à une crise sécuritaire alimentée par les groupes jihadistes, les mouvements armés et les violences entre différents acteurs locaux. La région de Ménaka, située dans le nord-est du pays, est particulièrement exposée à l’activité de l’État islamique au Sahel et aux affrontements entre groupes rivaux.
Les populations civiles sont souvent prises au piège de ces rivalités, des opérations militaires et des représailles. Les attaques d’octobre rappellent la difficulté de protéger les habitants dans des zones où les déplacements sont dangereux et où l’établissement rapide de bilans indépendants reste compliqué.
Conclusion : protéger les civils, une urgence
Les attaques des 18 octobre 2026 dans la région de Ménaka ont fait plus de 40 morts civils selon plusieurs sources, avec un bilan communautaire d’au moins 48 victimes à Tagadayat. L’identité des responsables et les circonstances exactes des représailles doivent encore être établies avec rigueur.
Face à cette tragédie, les priorités immédiates sont la protection des populations, l’assistance aux personnes déplacées et la clarification des faits. Les civils ne doivent pas payer le prix des affrontements entre groupes armés.
