Paris a déclaré persona non grata deux agents nigériens affectés à l’ambassade du Niger en France. Une décision qui illustre la dégradation persistante des relations entre les deux pays.
La France a expulsé deux agents des services de renseignement nigériens qui étaient officiellement en poste à l’ambassade du Niger à Paris. Déclarés persona non grata le 16 septembre 2026, les deux hommes ont quitté le territoire français trois jours plus tard, selon une source diplomatique citée par plusieurs médias. L’information a été rendue publique le 9 octobre.
D’après cette source, leur présence en France ne se justifiait plus en raison de l’absence de coopération entre Paris et Niamey. Les deux agents appartiendraient à la Direction générale de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE), le service de renseignement nigérien.
Des soupçons de surveillance d’opposants
Selon une information rapportée par Le Monde, citant une source nigérienne, l’un des deux agents était soupçonné de mener des activités de surveillance visant des opposants nigériens présents sur le territoire français. Ces éléments relèvent toutefois de soupçons rapportés par la presse et ne constituent pas, à eux seuls, une preuve d’une activité illégale.
Le ministère français des Affaires étrangères n’a pas souhaité commenter publiquement cette affaire, selon l’Agence France-Presse (AFP).
Des relations franco-nigériennes fortement dégradées
Cette expulsion intervient dans un contexte de rupture profonde entre la France et le Niger depuis le coup d’État militaire du 26 juillet 2023, qui a porté le général Abdourahamane Tiani au pouvoir.
Après la prise de pouvoir par les militaires, les nouvelles autorités nigériennes avaient exigé le départ de l’ambassadeur français et dénoncé les accords militaires avec Paris. Les forces françaises, qui comptaient environ 1 500 militaires dans le pays, ont ensuite quitté le Niger. En décembre 2023, la France a fermé son ambassade à Niamey, estimant qu’elle ne pouvait plus fonctionner normalement.
Malgré cette rupture, l’ambassade du Niger à Paris est restée ouverte. Les deux pays ont toutefois continué à s’opposer sur plusieurs questions politiques et sécuritaires, tandis que Niamey s’est rapproché de nouveaux partenaires, notamment la Russie.
Un nouvel épisode de crispation diplomatique
L’expulsion des deux agents souligne les conséquences concrètes de l’absence de coopération entre les deux États. Si Paris justifie sa décision par le contexte bilatéral, les soupçons évoqués autour de l’un des agents ajoutent une dimension sécuritaire à cette affaire.
Pour l’heure, aucun élément public ne permet d’affirmer que cette expulsion entraînera automatiquement une mesure de réciprocité de la part de Niamey. Elle constitue néanmoins un nouvel épisode dans les relations particulièrement tendues entre les autorités françaises et nigériennes.
Sources : Le Monde, 8 octobre 2026 ; Agence France-Presse (AFP), 9 octobre 2026.
