Après une rencontre de trois jours, les autorités militaires du Sénégal et de la Guinée‐Bis‐ sau ont parafé hier à Ziguinchor un protocole pour prévenir tout acte répréhensible dans la zone frontalière et résoudre les différends internes par une collaboration franche et sincère.
«Cette réunion de planification stratégique entre les Forces de défense du Sé‐ négal et la Guinée‐Bissau marque une étape décisive dans la mise en œuvre d’opérations de patrouilles conjointes visant à garantir la paix et la libre circulation des personnes et des biens. Ces retrouvailles avaient aussi pour but de voir comment améliorer la coordination contre les trafics illicites et l’insécurité frontalière mais aussi et surtout comment consolider les liens de bon voisinage et de solidarité entre les populations. Nos tra‐ vaux ont permis d’identifier précisément les défis sécuritaires actuels. Parmi les menaces prioritaires fi‐ gurent la présence de bandes armées et les trafics illicites, la recrudes‐ cence des vols de bétail à main armée, un fléau qui a lourdement pesé dans la décision d’élaborer ce plan conjoint », a indiqué le commandant de la Zone militaire numéro 5.
« Nos travaux ont aussi permis de dégager les orientations communes face aux préoccupations sécuritaires qui sont notées effectivement au niveau de nos deux frontières. Mais au‐delà des aspects opérationnels, cette rencontre a surtout permis de consoli‐ der la confiance entre nos forces, parce que nous sommes convaincus qu’une coopération étroite et permanente constitue le facteur essentiel pour la stabilité et la sécurité des populations. Nous avons pu, effectivement, établir un calendrier sur la base des menaces identifiées, mais aussi sur la base des secteurs prioritaires identi‐ fiés. Nous avons pu établir un calendrier des pa‐ trouilles conjointes entre les Fds sénégalaises et les Fds bissau‐guinéennes. Quand je parle des Fds, ef‐ fectivement, ces pa‐ trouilles vont concerner toutes les forces de dé‐ fense et de sécurité qui sont engagées au niveau des frontières, que ce soit les armées, la gendarmerie nationale, la Douane, la po‐ lice avec la Dpaf, mais éga‐ lement les services des eaux et forêts », a ajouté le colonel Cheikh Guèye. Pour sa part, le comman‐ dant de la Zone Nord Rgb et chef la délégation bis‐ sau‐guinéenne, a adressé ses vives remerciements aux forces armées du Sé‐ négal. « Cette coopération s’inscrit dans le cadre de l’accord technique bilatéral conclu entre la Guinée‐Bis‐ sau et le Sénégal en 1976, un accord qui demeure en
vigueur à ce jour. Nous menons cette collaboration militaire dont la presse est témoin dans le cadre de la coopération technique bi‐ latérale entre nos deux na‐ tions, plus précisément en ce qui concerne les opérations conjointes de patrouille frontalière. Nous sommes pleinement conscients de partager une frontière avec la Répu‐ blique du Sénégal ; le long de cette frontière, nous vi‐ sons à garantir la libre cir‐ culation des personnes et des biens ainsi qu’à favori‐ ser un climat de confiance au sein de la population. C’est là notre objectif premier, tout comme il s’agit pour nous de démontrer notre rôle actif en tant que membre de la Cedeao. Il est tout à fait naturel que nous soyons présents ici pour réaffirmer notre engagement constant envers cette relation de coopéra‐ tion, comme nous l’avons toujours fait. Depuis le tout début, la Guinée‐Bissau a été aux côtés du peuple sé‐ négalais. Nous cherchons à renforcer ce climat de confiance. Un climat que nous réaffirmerons ici par notre collaboration mili‐ taire avec nos homologues sénégalais afin de résoudre tout différend interne sus‐ ceptible de survenir le long de notre frontière com‐ mune», a laissé entendre le colonel Pansau Intchana. Un calendrier rigoureux de patrouilles transfronta‐ lières s’étalant sur 12 mois a été établi entre les deux pays. Ce plan opérationnel ne se limite pas aux seules armées. Il intègre une ap‐ proche multidimension‐ nelle incluant la gendarmerie, la Douane, la police ainsi que les services des Eaux et Forêts.
