D’après les éléments disponibles, des éléments de cette unité, qui auraient été mutés vers un autre corps de l’armée, auraient exprimé leur désaccord face à cette décision.
Des rumeurs de mécontentement au sein de la garde présidentielle ont provoqué l’inquiétude ce mardi 29 septembre à Bissau. Face à l’agitation sur les réseaux sociaux, le ministère de l’Intérieur a appelé la population au calme, assurant que la situation était sous contrôle. Un épisode qui survient au lendemain de l’annonce du retour prochain de l’ex-président Umaro Sissoco Embalo, et à un peu plus de deux mois des élections censées clore la transition militaire.
Tout est parti des réseaux sociaux. Plusieurs comptes ont fait état ce mardi d’un mécontentement au sein d’une partie de la garde présidentielle. Des éléments de cette unité, qui auraient été mutés vers un autre corps de l’armée, auraient exprimé leur désaccord face à cette décision.
Toujours selon ces publications, plusieurs militaires, dont des officiers, auraient été désarmés puis placés sous contrôle au siège de l’état-major des forces armées. Ces informations n’ont pas été confirmées de manière officielle et détaillée par les autorités.
Face aux inquiétudes, le gouvernement de transition a tenu à rassurer. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Agostinho Tonecas Djata, a affirmé lors d’un point de presse qu’il n’existait « pas de situation alarmante au point de créer la panique à Bissau ».
Sans démentir formellement les tensions, il a présenté ce type de situation comme banal dans l’institution militaire : « C’est très normal dans les corps habillés », a-t-il déclaré, avant de lancer un appel au calme à la population.
Le retour annoncé d’Embalo en toile de fond
Le moment de ces rumeurs n’a rien d’anodin. Elles surviennent au lendemain de l’annonce du retour prochain dans le pays d’Umaro Sissoco Embalo, en exil depuis sa chute. Renversé par l’armée le 26 novembre 2025, à la veille de l’annonce des résultats provisoires de la présidentielle et des législatives, l’ancien chef de l’État avait gagné le Sénégal à bord d’un vol affrété par le gouvernement sénégalais, avant de rejoindre Brazzaville.
Depuis, le pays est dirigé par le général Horta N’Tam, ancien chef d’état-major de l’armée de terre, investi président de la transition par la junte. Un officier considéré comme ayant été proche d’Embalo ces dernières années. La perspective du retour de l’ex-président pourrait donc raviver des tensions ou des lignes de fracture au sein de l’appareil militaire.
Ces remous interviennent aussi à l’approche d’une échéance décisive. La junte a fixé au 6 décembre 2026 la tenue des élections présidentielle et législatives, censées marquer le retour du pouvoir aux civils. La charte de la transition interdit au général Horta N’Tam de se présenter.
Le calendrier avait été annoncé après une mission de la CEDEAO conduite par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, alors président en exercice de l’organisation, et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Les deux dirigeants avaient plaidé pour une transition courte et transparente, et exigé la libération d’opposants, dont Domingos Simões Pereira, arrêtés le jour du coup d’État.
La nervosité suscitée par ces rumeurs s’explique aussi par l’histoire du pays. Depuis 1980, la Guinée-Bissau a connu au moins quatre coups d’État et dix-sept tentatives. Dans ce contexte, le moindre mouvement d’humeur dans les casernes est scruté de près, à Bissau comme dans les pays voisins, dont le Sénégal.
Pour l’heure, les autorités assurent que la situation est maîtrisée. Mais à l’approche d’un scrutin décisif et du possible retour d’Umaro Sissoco Embalo, la stabilité de l’armée reste plus que jamais l’une des clés de la fin de la transition.
