Le Comité national de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (Cn‐Itie) a publié hier son rapport sur le premier semestre 2025.
Sur la base des données décla‐ rées par les entités publiques, après travaux de réconciliation, le total des revenus générés par le secteur extractif pour le 1er semestre 2025 s’élève à 303,02 milliards Fcfa y compris les paie‐ ments sociaux et environne‐ mentaux, dont 293,24 milliards Fcfa affectés au budget de l’État.
Les paiements déclarés au titre du premier semestre 2025 enre‐ gistrent une progression dans les deux secteurs extractifs par rapport au premier semestre 2024. Le secteur minier de‐ meure le principal contributeur aux recettes extractives, avec des paiements passant de 187,35 milliards Fcfa à 224,45 milliards Fcfa, soit une augmen‐ tation de 37,10 milliards Fcfa (+19,8 %). De son côté, le sec‐ teur des hydrocarbures enre‐ gistre la plus forte croissance relative, les paiements augmen‐ tant de 45,79 milliards Fcfa à 75,95 milliards Fcfa, soit une hausse de 30,16 milliards Fcfa (+65,9 %).
«Cette évolution traduit à la fois la progression des recettes fis‐ cales traditionnelles et l’appari‐ tion de nouvelles sources de revenus, notamment dans le secteur pétrolier et gazier avec l’entrée en production de nou‐ veaux projets. La hausse des paiements du secteur minier est principalement imputable à l’augmentation des taxes d’abattage, qui représentent à elles seules la plus importante contribution à la croissance des recettes entre les deux pé‐ riodes. Cette évolution est com‐
plétée par une progression si‐ gnificative des redevances mi‐ nières, des dividendes versés à l’État, des retenues à la source sur salaires, de l’impôt sur le re‐ venu des valeurs mobilières ainsi que de la Tva. Dans l’en‐ semble, ces évolutions tradui‐ sent une amélioration des niveaux de production, des ré‐ sultats financiers des sociétés minières et, par conséquent, des recettes fiscales et parafis‐ cales générées par le secteur », selon le Cn‐Itie.
Les paiements du secteur des hydrocarbures en hausse de 65,9%
D’après le Cn‐Itie, la forte pro‐ gression des paiements du sec‐ teur des hydrocarbures (+65,9 %) s’explique essentiellement par l’apparition de revenus issus de la commercialisation de la part de production revenant à l’État, représentant une hausse de 37,50 milliards Fcfa par rapport au premier semes‐ tre 2024. Cette évolution reflète la montée en puissance des nouveaux projets pétroliers et gaziers et le début des recettes liées à la production commer‐ ciale. La croissance est égale‐ ment soutenue par l’augmentation des taxes d’abattage, de l’impôt sur les sociétés, de la Tva précomptée ainsi que des amendes et péna‐ lités douanières, témoignant d’un accroissement global de l’activité économique et des obligations fiscales des entre‐ prises du secteur.
Les revenus générés par le secteur extractif au 1er semestre 2025 ont été affectés à 96,77% au Budget de l’État. Le reste des revenus est réparti entre le compte d’exploitation de la so‐ ciété nationale Petrosen, les fonds propres des organismes collecteurs, les fonds revenant à l’Uemoa et à la Cedeao, les re‐ venus reversés au Conseil séné‐ galais des chargeurs (Cosec) et les dépenses sociales et envi‐ ronnementales.
L’Etat «prend » 95% des recettes
La répartition des revenus du secteur extractif reste globale‐ ment stable entre 1er semestre 2024 et le premier semestre 2025, avec une forte concentra‐ tion au profit du budget de l’État, qui absorbe l’essentiel des recettes (plus de 95 % dans les deux périodes). Au premier semestre 2025, on observe tou‐ tefois une baisse des montants globaux sur l’ensemble des ca‐ tégories par rapport à 2024, en raison de la période incom‐ plète. Les paiements sociaux et environnementaux ainsi que les revenus reversés à l’Uemoa/Ce‐ deao et au Cosec reculent, tan‐ dis que les fonds propres des organismes collecteurs restent stables.
Les revenus issus de la com‐ mercialisation de la part de pro‐ duction de l’État ont été déclarés par Petrosen et validés par la Dgcpt à hauteur de 37,5 milliards Fcfa au premier se‐ mestre 2025. Ces revenus in‐ cluent notamment les effets de la montée en production des
projets Sangomar (opération‐ nel depuis juin 2024) et Gta (en‐ trée en production en 2025), qui ont contribué à l’augmenta‐ tion des volumes commerciali‐ sés au profit de l’État. Par ailleurs, une partie des flux his‐ toriques de Petrosen est consti‐ tuée de remboursements spécifiques, notamment les paiements effectués par For‐ tesa dans le cadre de la gestion de l’incident du puits Sadiara‐ tou‐2 (SA2). La lettre d’engage‐ ment de règlement de la dette Halliburton envoyée par For‐ tesa à Petrosen, en date de 08 octobre 2024, précise que : « Suite à l’intervention de Halli‐ burton dans la gestion de l’inci‐ dent du puits SA‐2 en décembre 2020, l’association reste devoir le solde de 3 699 997 Usd équi‐ valent à environ 2 milliards Fcfa pour le règlement des factures adressées à Petrosen » ; Concernant le champ Sango‐ mar, la production de 2024 a été principalement affectée au remboursement des coûts de développement ainsi qu’au ser‐ vice des obligations financières liées au prêt contracté auprès de Woodside Energy Finance, conformément au mécanisme du contrat de partage de pro‐ duction. Dans ce cadre, la part revenant à Petrosen n’a com‐ mencé à générer des flux effec‐ tivement encaissés qu’à partir de février 2025, en raison no‐ tamment de contraintes opéra‐ tionnelles liées à l’ouverture de comptes en devises. Il est éga‐ lement précisé que, selon Woodside, la commercialisa‐ tion du pétrole brut est réalisée conjointement par Petrosen, Woodside et l’État du Sénégal via un agent exclusif, les reve‐ nus étant ensuite répartis direc‐ tement entre les parties selon leurs quotes‐parts, tandis que le Profit Oil de l’État est versé di‐ rectement au Trésor public. Les données du rapport d’exécu‐ tion du deuxième trimestre 2025 confirment que les flux de commercialisation sont bien ef‐ fectifs sur la période récente, contrairement à 2024 où la part de production de l’État n’avait pas été entièrement retracée dans les déclarations adminis‐ tratives et rapports d’exécution budgétaire disponibles
La production 2024 du champ Sangomar affectée au rem‐ boursement des prêts contractés
Au 1er semestre 2025, les reve‐ nus encaissés du secteur ex‐ tractif par le Trésor s’élèvent à 293,24 milliards Fcfa contre 225,46 milliards Fcfa au premier semestre 2024, soit une aug‐ mentation de 67,78 milliards Fcfa (+30 %). Cette progression est principalement portée par les deux composantes du sec‐ teur extractif. Le secteur minier demeure le principal contribu‐ teur aux recettes budgétaires avec 217,37 milliards Fcfa, repré‐ sentant 74,1 % des recettes ex‐ tractives de l’État. Les recettes minières progressent de 35,46
milliards Fcfa (+19,49 %) par rap‐ port au premier semestre 2024. Cette évolution s’explique prin‐ cipalement par la hausse de la redevance minière (+11,32 mil‐ liards Fcfa), des dividendes ver‐ sés à l’État (+9,90 milliards Fcfa), des retenues à la source sur salaires (Ir, Trimf et Cfce) (+9,24 milliards Fcfa), de l’impôt sur le revenu des valeurs mobi‐ lières (+8,52 milliards Fcfa), de la Tva (+7,37 milliards Fcfa), de la redevance superficiaire (+5,59 milliards Fcfa) ainsi que de la Tva précomptée (+4,57 milliards Fcfa). En revanche, certains flux enregistrent des diminutions, notamment les amendes, pénalités et redresse‐ ments douaniers (‐7,94 mil‐ liards Fcfa), la taxe sur le ciment (‐7,13 milliards Fcfa), les redres‐ sements fiscaux (‐4,62 milliards Fcfa), la Tva reversée (‐4,56 mil‐ liards Fcfa) et la taxe spéciale sur le ciment (‐0,70 milliard Fcfa).
«Dans l’ensemble, la progres‐ sion des recettes minières re‐ flète le maintien d’un niveau élevé d’activité du secteur, sou‐ tenu par un contexte favorable des cours des substances mi‐ nières, en particulier de l’or. Le secteur des hydrocarbures a, quant à lui, généré 75,87 mil‐ liards Fcfa de recettes, contre 43,55 milliards Fcfa au premier semestre 2024, soit une hausse de 32,32 milliards Fcfa (+74,22 %). Cette progression est princi‐ palement attribuable à l’appari‐ tion des revenus issus de la commercialisation de la part de production de l’État, qui s’élè‐ vent à 37,50 milliards Fcfa au premier semestre 2025, alors qu’aucune recette de cette na‐ ture n’avait été enregistrée au cours de la même période de 2024. Elle est également soute‐ nue par la forte progression de l’impôt sur les sociétés (+13,19 milliards Fcfa), de la Tva pré‐ comptée (+9,09 milliards Fcfa) ainsi que des amendes, pénali‐ tés et redressements douaniers (+1,99 milliard Fcfa). En re‐ vanche, les droits de douane di‐ minuent fortement (‐24,70 milliards Fcfa) tout comme les retenues à la source sur béné‐ fices non commerciaux (‐5,31 milliards Fcfa), tandis que les re‐ tenues à la source sur salaires demeurent relativement stables (+0,34 milliard Fcfa). Globale‐ ment, la hausse des recettes ex‐ tractives observée au premier semestre 2025 résulte à la fois de la bonne performance du sec‐ teur minier et de l’entrée en phase de production des projets pétroliers et gaziers, qui génè‐ rent désormais de nouvelles re‐ cettes pour l’État, notamment à travers la commercialisation de sa part de production. Cette évolution traduit un renforce‐ ment significatif de la contribu‐ tion du secteur extractif au budget de l’État, tout en souli‐ gnant le caractère exceptionnel de certaines recettes, notam‐ ment celles liées au démarrage de la production pétrolière », s’est réjoui le Cn‐Itie.
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