©PHOTOPQR/LE PARISIEN/Le Parisien / Arnaud Journois ; PARIS ; 13/03/2026 ; Paris Palais de l'Elysée 13 mars 2026. Le Président de la République EmmanuelMACRON reçoit Le président ukrainien Volodymyr ZELENSKY au Palais de l?Elysée Photo Le Parisien / Arnaud Journois French President EmmanuelMacron receiving Ukraine's President Volodymyr Zelensky at the Elysee Palace on March 13, 2026, for a working lunch. (MaxPPP TagID: maxnewsspecialtwo525922.jpg) [Photo via MaxPPP]
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky juge « de plus en plus évident » que Moscou ne souhaite pas respecter la trêve énergétique annoncée par Donald Trump. De nouvelles frappes contre des installations énergétiques ukrainiennes alimentent les doutes sur cette initiative, dont les modalités restent incertaines.
La perspective d’une pause dans les attaques contre les infrastructures énergétiques entre la Russie et l’Ukraine semble déjà compromise. Lundi 12 octobre 2026, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé Moscou de rejeter la trêve énergétique annoncée par le président américain Donald Trump.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le dirigeant ukrainien a estimé qu’il devenait « de plus en plus évident » que la Russie ne voulait pas accepter cette proposition et entendait poursuivre ses attaques aériennes contre les populations et les infrastructures ukrainiennes.
Selon les déclarations de Zelensky, plusieurs installations énergétiques ont été touchées par les frappes russes au cours des dernières heures. Il a notamment évoqué six sites visés, dont une installation gazière et une station-service. Ces attaques renforcent les inquiétudes de Kiev à l’approche de l’hiver, période durant laquelle les besoins en chauffage et en électricité augmentent considérablement.
Une trêve annoncée sans confirmation claire de Moscou
L’annonce de cette trêve énergétique par Donald Trump a surpris les observateurs, alors qu’aucun accord formel n’avait été clairement confirmé par les deux parties. Le principe évoqué consiste à suspendre les attaques visant les infrastructures énergétiques, afin de limiter les conséquences du conflit sur les populations civiles.
Cependant, le Kremlin n’a pas confirmé l’entrée en vigueur d’un tel engagement. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a indiqué que les contacts se poursuivaient, sans annoncer de décision définitive.
Cette absence de clarification fragilise les perspectives d’une désescalade. Pour Kiev, l’arrêt des frappes doit être réciproque : l’Ukraine se dit disposée à suspendre ses attaques contre les installations énergétiques russes si Moscou prend le même engagement.
Zelensky met en garde contre une riposte ukrainienne
Le président ukrainien a également prévenu que son pays continuerait à défendre ses intérêts si les attaques russes se poursuivaient. Il a notamment évoqué la possibilité de maintenir les frappes ukrainiennes à longue portée contre les raffineries pétrolières et les exportations de pétrole russes.
Pour Kiev, ces installations représentent une source importante de revenus pour Moscou et contribuent au financement de son effort de guerre. L’Ukraine considère ainsi que la protection des infrastructures énergétiques doit s’appliquer aux deux pays, et non à un seul camp.
Cette position illustre la difficulté de parvenir à un compromis alors que les deux armées poursuivent leurs opérations. Chaque attaque contre les infrastructures adverses risque de provoquer de nouvelles représailles et d’éloigner davantage la perspective d’un accord durable.
L’hiver, une nouvelle épreuve pour la population ukrainienne
Les infrastructures énergétiques ukrainiennes ont subi de nombreuses attaques depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, en février 2022. Les bombardements contre les centrales électriques, les installations gazières et les réseaux de distribution ont régulièrement entraîné des coupures de courant et des perturbations des services essentiels.
À l’approche de l’hiver, la situation suscite une inquiétude particulière. De nouvelles frappes pourraient priver des milliers de foyers d’électricité et de chauffage, compliquant davantage le quotidien des civils.
La protection des infrastructures énergétiques constitue donc un enjeu humanitaire majeur, au-delà de ses dimensions militaires et économiques. Une trêve effective pourrait contribuer à limiter les dégâts et à réduire les souffrances de la population.
Des perspectives diplomatiques toujours incertaines
L’initiative américaine intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Washington, Moscou et Kiev. Si Donald Trump affirme vouloir favoriser une désescalade, l’absence de confirmation claire d’un accord et la poursuite des attaques compliquent la mise en œuvre de cette démarche.
Pour l’heure, aucun engagement bilatéral clairement établi ne permet de considérer la trêve énergétique comme effective. La suite dépendra notamment de la capacité des parties à préciser les conditions de l’arrêt des frappes et à respecter leurs éventuels engagements.
En attendant, les déclarations de Volodymyr Zelensky témoignent de la méfiance persistante de Kiev à l’égard de Moscou. Alors que l’hiver approche, la question demeure : les deux camps accepteront-ils de protéger leurs infrastructures énergétiques, ou la guerre se poursuivra-t-elle avec de nouvelles attaques contre des installations essentielles à la vie des populations ?
