À 26 ans, la figure du combat contre la corruption, Praise Aloikin, est détenue par les autorités ougandaises sous un motif administratif contesté. Pour ses proches et les ONG, cette arrestation n’est que des représailles à ses vidéos virales visant le général Muhoozi Kainerugaba.
Propos ouvertement critiques, ton caustique et vidéos virales sur TikTok : la militante anticorruption Praise Aloikin s’est imposée comme l’une des voix de la jeunesse ougandaise qui refuse de se taire. Distinguée l’an dernier par l’Union européenne pour son engagement, la jeune femme de 26 ans est aujourd’hui derrière les barreaux. Officiellement, la justice lui reproche d’avoir utilisé une carte SIM enregistrée au nom de sa mère à des fins présumées illégales.
Les faits ont débuté le samedi 26 septembre 2026 lors de ce qui semblait être une convocation ordinaire au commissariat, liée à un différend banal au sujet d’un tapis.
Selon Amnesty International, Praise Aloikin aurait alors été emmenée par des hommes armés à bord d’un véhicule banalisé, laissant ses proches sans nouvelles durant deux jours. Si la police ougandaise nie tout enlèvement, les autorités ont envisagé plusieurs chefs d’accusation allant de l’incitation à la violence à la diffusion de vidéos sans licence avant de retenir le motif de la carte SIM.
Ses soutiens voient une manœuvre évidente pour faire taire une opposante gênante. Praise Aloikin s’est fait connaître en dénonçant la corruption d’État et en ciblant directement le général Muhoozi Kainerugaba, chef de l’armée et fils du président Yoweri Museveni. Face caméra, elle accusait notamment le général de cautionner les enlèvements politiques et le tournait en dérision en le qualifiant de « chou ».
D’après les informations rapportées par Radio France internationale (RFI), la réalité de cette arrestation a été confirmée au commissariat même : les policiers auraient signifié à la militante qu’elle allait être punie pour avoir insulté le chef des armées et l’avoir traité de « chou », délaissant totalement l’affaire initiale du tapis.
La détention de Praise Aloikin suscite une vague d’indignation qui dépasse son cas personnel. Sur les réseaux sociaux, de nombreux jeunes Ougandais ont repris le qualificatif de « chou » en signe de solidarité, transformant l’insulte en symbole de contestation contre l’impunité du pouvoir.
Face à ce que l’organisation qualifie de disparitions forcées répétées depuis plusieurs années, Amnesty International exige la libération immédiate de la militante ainsi qu’une enquête indépendante
