Dakar — Le débat sur la transparence dans la gestion des fonds publics prend une nouvelle dimension au Sénégal. Aminata Touré, dite « Mimi Touré », a appelé à l’ouverture d’une enquête parlementaire sur le fonds JAM pour la paix en Casamance. Cette demande intervient dans un contexte de tensions politiques autour du contrôle des fonds spéciaux et des responsabilités des dirigeants publics.
Aminata Touré demande d’élargir le champ des investigations
Lors d’une intervention publique à Bambilor, le samedi 10 octobre 2026, Aminata Touré a estimé que les investigations parlementaires en cours devraient également examiner le fonds JAM pour la paix en Casamance.
La responsable politique, superviseure générale du mouvement Kiiraay, a défendu la nécessité d’appliquer les exigences de transparence à tous les dossiers concernés. Elle a notamment appelé le président de l’Assemblée nationale à mettre en place une commission d’enquête consacrée à ce fonds.
Selon les propos rapportés par la presse sénégalaise, elle considère que l’examen de ce dossier contribuerait à renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques. À ce stade, sa demande constitue un appel à l’ouverture d’investigations et ne signifie pas qu’une irrégularité a été établie.
Les fonds spéciaux au cœur du bras de fer politique
Cette sortie intervient alors que la gestion des fonds spéciaux fait l’objet d’échanges tendus entre Aminata Touré et Ousmane Sonko. Dans de précédentes déclarations, l’ancienne Première ministre a affirmé que Sonko avait, à plusieurs reprises, sollicité des sommes auprès du président de la République pour mener des actions sociales.
Ces affirmations ont été présentées par Aminata Touré comme une réponse aux critiques formulées par Ousmane Sonko concernant la gestion et le contrôle des fonds spéciaux. Elles s’inscrivent dans une controverse politique plus large sur les règles d’utilisation de ces ressources et sur le rôle que doit jouer le Parlement dans leur contrôle.
Toutefois, les déclarations des acteurs politiques doivent être distinguées des conclusions d’une enquête officielle. Les éléments disponibles ne permettent pas, à eux seuls, de conclure à une faute ou à une responsabilité juridique d’Ousmane Sonko.
Le fonds JAM : un nouveau dossier pour les commissions d’enquête ?
En réclamant une enquête sur le fonds JAM, Aminata Touré ouvre un nouveau front dans le débat sur la reddition des comptes. La question centrale est désormais de savoir si les parlementaires donneront suite à sa demande et, le cas échéant, quels aspects de la gestion de ce fonds seront examinés.
Une éventuelle commission devrait notamment préciser son périmètre d’investigation, les documents à consulter et les personnes à entendre. Ces étapes seraient nécessaires pour établir les faits de manière contradictoire et déterminer si des irrégularités ont effectivement été commises.
Transparence et responsabilité publique
Au-delà des rivalités politiques, cette controverse remet au premier plan une question essentielle pour la gouvernance sénégalaise : comment garantir un contrôle efficace des fonds publics tout en respectant les procédures institutionnelles ?
Pour les citoyens, l’enjeu est de pouvoir disposer d’informations vérifiables sur l’utilisation des ressources publiques. La publication des conclusions d’éventuelles investigations permettrait de dépasser les accusations croisées et de s’appuyer sur des éléments documentés.
En attendant une éventuelle décision de l’Assemblée nationale, la demande d’Aminata Touré relance le débat sur l’étendue des enquêtes parlementaires et sur l’application du principe de reddition des comptes à l’ensemble des responsables publics.
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